L'HISTOIRE
Une laborieuse entreprise, celle de vivre. Un couple au lit. Yona, le mari n’en peut plus de cette vie, il rêvait d’autres choses et le dit à sa femme, Leviva. Il veut la quitter et il s’ensuit une longue scène de ménage où les rêves et ambitions personnels ne changent rien à la vacuité et à l’inutilité de l’existence. Le couple se connaît par coeur, ils se supportent mal…
Nous sommes témoins sur microscope de ce petit bout de vie drôle et tragique, comme si nous regardions par la fenêtre. Tout se passe à huis clos dans cette chambre, au milieu d’une cité quelconque, avec un lit comme champ de bataille. Un micro univers où se révèlent les tourments de l’âme humaine.
Sur le mode de la comédie grinçante, Lévin décline une fois de plus sa vision joyeusement désespérée du monde. Un texte au scalpel, mais plein de mélancolie et d’effervescence méditerranéenne. Un théâtre qui rappelle les comédies à l’italienne avec ce jeu généreux, drôle et sincère.
INTERVIEW AVEC CAROLINA PECHENY
Pourquoi ce choix d’un texte de Hanokh Levin ?
J’aime son univers qui est tragi-comique. A partir d’une situation banale, il nous amène très loin dans la violence, la cruauté, tellement loin que ça devient drôle. Cette pièce décrit avec une lucidité folle une des tragédies particulière à notre époque : qu’est-ce que réussir sa vie ? Comment gérer le décalage entre ce à quoi on a aspiré et la réalité de son existence. Si le décalage est trop grand, cela entraîne une grande souffrance. On voit ça partout. Aujourd’hui, une vie réussie se mesure à la réussite professionnelle, sociale. Dans la pièce, Yona se demande ce qu’il a fait de sa vie. Il cherche un coupable, et choisit d’accuser sa femme.
Parlez-nous du travail sur le plateau, de la scénographie.
Le centre de l’espace sera occupé par un lit. Celui-ci sera tel un ring, un champ de bataille, un vrai foutoir… L’espace scénique sera un peu comme dans la vie, mais pas tout à fait. Tout sera un peu plus bancal, abîmé, avec un système de poulies. Yona et Leviva ont aménagé leur appartement il y a longtemps et n’ont rien touché depuis. Le décors est bricolé, réparé au fil de fer, comme leur couple. Ce qui est tendre chez Hanokh Levin c’est que ses personnages se battent corps et âmes pour exister, « nous aussi avons le droit, nous aussi sommes exceptionnels, avec nos misères et nos malheurs, notre banalité fait aussi partie du sacré !! ». Ce texte demande un jeu physique et profond tout à la fois, un jeu généreux. Je suis très heureuse de travailler avec Pascal Durozier, Flore Lefebvre des Noëttes et Philippe Mercier , tout les trois sont des comédiens profonds, généreux, avec la folie et la précision physique pour nous raconter cette merveilleuse farce caustique.
NOTES SUR L’AUTEUR ET LA PIECE
Né à Tel-Aviv en 1943, Hanokh Levin est mort prématurément d’en cancer en 1999. Il est l’auteur d’une oeuvre considérable qui comprend des pièces de théâtre (plus de 50 pièces dont beaucoup sont traduites dans le monde entier), des skteches, de la poésie, des chansons. Lui-même metteur en scène, il a monté la plupart de ses propres pièces en Israël.
Une laborieuse entreprise appartient « à l’une des formes théâtrales de prédilection de Levin : la comédie ». Les comédies de Levin « décrivent le combat quotidien de petites gens, pris dans des systèmes de relations qui vont de l’individu, au couple –deux amis ou un homme et une femme- , au triangle –deux hommes et une femme-, et enfin au groupe, lui-même reflet amplifié des relations précédentes.(…)
Mus par une volonté farouche de conquérir le monde, Yaacobi et Leidental, de Kroum l’Ectoplasme et d’Une laborieuse entreprise foncent en avant dans l’espoir de réaliser la grande promesse que l’avenir, croient-ils, leur réserve, mais battent en retraite lorsqu’ils se rendent compte que leur vie quotidienne ne sera jamais à la hauteur de leurs espérances. Déçus, ils s’accrochent à de vagues chimères, dans une tentative désespérée de trouver enfin le bonheur. (…) Le contraste entre cette énergie et la maigreur du résultat engendre, d’un côté, des situations comiques où Levin multiplie les répliques incisives et les effets burlesques, de l’autre des scènes pathétiques où il met à nu la tristesse et la souffrance des personnages. Ainsi, en nous faisant passer du rire aux larmes, Levin nous invite à nous reconnaître en eux, à aimer la part d’humanité, de rêve, de faiblesse et de lâcheté qui est en eux, qui est en nous. »
Nurit Yaari, extraits de la post-face, Théâtre Choisi I d’Hanokh Levin, Editions Théâtrales.
EQUIPE
Mise en scène : Carolina Pecheny
Scénographie : Erik Nussbicker
Lumières : Thierry Gontier
Son : Grégoire Harrer
avec
Flore Lefebvre des Noëttes (Leviva, la femme)
Pascal Durozier (Yona, le mari)
Philippe Mercier (Gounkel, un ami)
CONTACT PRODUCTION ET DIFFUSION
Nadja Leriche
Tél : +33 (0)3 89 24 73 47 ou +33 (0)6 61 85 43 91
Mail :
n.leriche@comedie-est.com
Mélanie Camenen
Tél : +33 (0)3 89 24 73 48
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m.camenen@comedie-est.com